Emploi des seniors : entre mythe et réalité

Emploi des seniors : entre mythe et réalité
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Alors qu'on nous promettait le désastre de la pénurie de main d'œuvre pour l'heure où les baby boomers partiraient à la retraite, il y a dix ans de cela, certains baby boomers ne demandent rien de mieux que de pouvoir poursuivre leur activité professionnelle.

Les seniors se heurtent tantôt aux discriminations, ou sont recherchés spécifiquement par quelques sociétés visionnaires qui tentent de les attirer. D'après les professeurs de l'école de Wharton, Université de Pennsylvanie, ces travailleurs apportent tout leur bagage d'expérience à leur société, et ils sont souvent performants et très motivés.

Voici une petite mise au point concernant les préjugés les plus fréquents dont les seniors font les frais :

"Les seniors coûtent plus cher que les jeunes et sont moins performants".
Même s'ils mettent plus de temps à se remettre de leurs blessures, les travailleurs plus âgés sont moins absents pour cause de maladie que les jeunes. En ce qui concerne les performances, ils font souvent mieux que leurs collègues les plus jeunes, selon Cappelli, qui dirige le centre des ressources humaines à Wharton. Ils s'occupent mieux des clients, ont moins d'absentéisme, changent moins souvent d'entreprise, et ont plus de qualités professionnelles.

"Les gens proches de la retraite ont tendance à perdre de l'intérêt pour leur travail".
Les études prouvent le contraire : le centre Sloan qui étudie le vieillissement en lien avec le travail au collège de Boston a rapporté que les travailleurs qui poursuivent une activité passé l'âge de la retraite se montrent plus engagés et plus satisfaits de leur travail, et sont enchantés d'apprendre de nouvelles techniques.

"Les seniors en activité empêchent l'accès des jeunes au marché du travail".
S'il semble logique que les plus âgés doivent céder leur place aux jeunes, le contraire est vrai aussi. Olivia Mitchell, professeur d'assurance et de gestion du risque à Wharton, estime que les politiques qui ont encouragé les seniors à partir en retraite anticipée ont eu un impact néfaste sur l'emploi des jeunes. Pour financer les pensions de ces nouveaux retraités, les gouvernements ont dû augmenter les impôts, ce qui a conduit les employeurs à revoir à la baisse leurs prévisions d'embauche, ou à offrir de plus petits salaires aux nouveaux venus. Dans ces conditions, les employeurs ne choisissent pas d'embaucher des jeunes.

Et Cappelli de conclure que la notion de la retraite à 65 ans s'est imposée avec le système de sécurité sociale, mais la retraite complète n'est pas ce que la plupart des travailleurs souhaitent. "Ce qu'ils veulent, c'est poursuivre leur activité d'une façon ou d'une autre. Ils veulent changer leur manière de travailler, mais pas tout arrêter complètement."

(Source: Express.be)