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Comment laisser le boulot dehors quand on rentre chez soi

Couper son portable et revenir au concret aide à rétablir une frontière entre la sphère professionnelle et la sphère privée.Comment laisser le boulot dehors quand on rentre chez soi

Coupez votre portable ! Dans ce monde où l’on est « débordé par l’activité mentale, constamment en lien avec des messages qu’on se sent obligé de regarder, qui génère une énorme charge cognitive », c’est le premier conseil de Marc Traverson, coach, auteur, notamment de La zen attitude  et Lettre à ceux qui ont momentanément perdu leur emploi (Payot), et directeur associé chez Acteüs.

Aménager un sas entre le lieu de travail et le domicile

Profitez du chemin du retour au bercail pour vous délester des pensées résiduelles que le boulot, même terminé, génère. Pour beaucoup de personnes, la voiture est le premier sas : on est dans son propre espace, en bonne compagnie d’une musique choisie et/ou d’un paysage potentiellement propices à la convocation de pensées agréables. Les transports en commun aux heures de pointe vous font vivre l’enfer ? Quittez la rame, quittez le bus une station ou un arrêt plus tôt. Le conseil vaut quelles que soient l’affluence et la gêne car vous rallongez ainsi votre temps de marche, excellent exercice pour laisser s'échapper la pression. « Tout ce qui aide à changer de registre est bénéfique et comme c'est très individuel, il faut s’interroger sur ce qui nous fait du bien », poursuit notre interlocuteur.

L’entourage familial aide à couper

Franchir le seuil de chez soi demande parfois un passage par un deuxième sas, surtout quand le foyer est un autre lieu de tensions. « Manifestez le besoin de vous isoler un moment, pour prendre soin de vous en vous créant une sorte de caisson d’isolation sensorielle provisoire pour revenir disponible », recommande-t-il. Mais d’une façon générale, de gré ou de force, l’entourage familial aide à couper. « Consacrer du temps à ses proches, converser avec eux sur leurs sujets change les idées, la famille est le lieu qui protège du grand vent d’hyper connexion qui souffle à l’extérieur », constate Marc Traverson.

Faire redescendre l’énergie qui est dans le cerveau…

En famille ou en solo, tout ce qui ramène au concret rétablit la frontière indispensable entre la sphère professionnelle et la sphère privée. Cuisiner, bricoler, tricoter, broder, jouer à Candy Crush, etc., ce qui est de l’ordre de la marotte facilite le passage à un autre registre. « Il s’agit de faire redescendre l’énergie qui est dans le cerveau, la méditation, le sport, les activités manuelles y contribuent », remarque-t-il. Et puisqu’il est question de descente, pourquoi ne pas autoriser son corps à suivre le mouvement en s’affalant sur le canapé pour regarder la télévision ? Oui à l’affalement devant un programme qui permet de vider sa tête en la remplissant de vide !

… pour stopper le petit vélo dans la tête

Il faut arriver à stopper la course du petit vélo dans la tête – un vrai problème de l’ère de l’hyperconnexion et de l’accélération – qui repousse l’arrivée de Morphée. Se reconnecter à son corps par des exercices physiques (yoga, gym…), du soin (une douche, un bain, un massage…), du plaisir, permet d’opposer une bonne résistance aux pensées obsédantes. « Penser immobilité, respiration, pleine conscience, se poser, porter attention à l’intérieur de soi, permet une relaxation du mental », ajoute notre interlocuteur. Le but est de se rééquilibrer, de s’harmoniser, de se débarrasser suffisamment tôt dans la soirée de la fatigue mentale en limitant les messages extérieurs pour aller vers la saine fatigue et ainsi, éviter l’insomnie. N’oublions pas le plaisir d’ouvrir un livre et de tourner ses pages, pas un ouvrage de management, mettons-nous bien d’accord, évadez-vous plutôt dans un roman.

Sophie Girardeau


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