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Entretien d’embauche et langage corporel

Entretien d’embauche et langage corporel

L’entretien d’embauche fait autant appel à la compétence professionnelle qu’à la présentation du candidat. Le postulant se doit donc de veiller à son langage corporel afin de faire la meilleure impression possible.

Thorsten Krings, Responsable Marketing RH et Développement de l’organisation chez Metro AG, précise que « le langage corporel ne fait pas sciemment l’objet d’une étude pendant l’entretien d’embauche ». Il n’en a pas moins une importance réelle et Krings est persuadé que gestes, physionomie et attitude d’un candidat peuvent tout à fait influencer le choix final pris par l’employeur... sans que ce dernier en soit conscient. Il est donc conseillé aux postulants de soigner leur présentation. 

Première étape : le contact visuel 

Par son comportement, un candidat peut influencer la perception de sympathie que son interlocuteur aura de lui. Pour Christian Püttjer (préparation à l’entretien d’embauche, accompagnement, ouvrages divers), il faut tout d’abord « établir le contact visuel avec votre futur employeur avant de passer à l’argumentation verbale ». Si plusieurs interlocuteurs sont présents, il est primordial de ne pas ignorer les personnes silencieuses. Regarder son vis-à-vis démontre l’ouverture, la volonté de dialoguer et l’intérêt pour le ou les partenaires. Par contre, si l’on évite le contact visuel, cela donne une impression d’indifférence et d’introversion - coup fatal pour un poste exigeant bon relationnel et capacité de travailler en équipe.

Un sourire aimable est pour Püttjer tout aussi important - pour la même raison. De plus, les candidats devraient écouter attentivement leur interlocuteur et le lui montrer en hochant de temps en temps la tête. En ce qui concerne la position assise, il conseille « un maximum d’angles droits », autrement dit dos droit, pieds bien à plat sur le sol, aucun membre ne devant être « coincé », car « quand on est bien assis, on est détendu et on n’adopte pas un registre vocal aigu, signalisant un état de tension ».

Importance de la distance physique 

L’auteur invite également les candidats à surveiller leurs doigts, bras et jambes : pas question de les croiser et encore moins de se détourner, car « cela crée un effet de rejet. » Les gestes agressifs sont également à proscrire : il faut par exemple éviter de serrer les poings ou de « menacer » l’interlocuteur de l’index tendu. Le spécialiste de RH qu’est Thorsten Krings est bien du même avis. « Nous avons récemment reçu un candidat au Centre d’évaluation. Il a réagi à une question en gardant sa contenance, mais son niveau d’agressivité non verbale a nettement augmenté. Il nous a presque embrochés du doigt et son regard était plus que pénétrant. » Cette situation a d’ailleurs été assez mal ressentie par les interviewers.

En règle générale, Krings n’apprécie guère les candidats « collant » à leur interlocuteur. « Il ne faut pas pour autant s’exiler à l’autre bout de la table », précise-t-il avec un sourire. Lors du serrage de mains, un candidat peut tout à fait s’approcher à une soixantaine de centimètres de son vis-à-vis. 

Pas de théâtre ! 

Il est également important de respecter le « terrain » du supérieur - et de le montrer, souligne Christian Püttjer, accompagnateur de carrière. « Il faut à tout prix éviter de poser les avant-bras sur le bureau de votre interlocuteur ». Le comportement sexué est lui aussi à proscrire - que l’on veuille afficher un côté dominateur ou soumis. Les supérieurs hiérarchiques femmes considèrent les hommes démonstrativement assis les jambes largement écartées comme étant arrogants, importuns et irrespectueux. Et le raisonnement inverse exige des femmes d’abandonner tout comportement de « petite fille ». Tête inclinée, sourire permanent et mouvement de roulis continu des épaules trahissent le manque d’assurance de la candidate.

De plus, le langage corporel doit être en adéquation avec la situation et le secteur professionnel - à l’instar de la tenue. Comme l’explique la psychologue Julia Scharnhorst, membre du comité directeur de la Fédération professionnelle allemande des psychologues, « le langage corporel se doit d’être d’autant plus réservé que le poste est élevé dans la hiérarchie et le secteur traditionaliste ». Elle déconseille vivement de « réciter » des comportements étudiés devant le miroir. « Cela ne tient pas la distance et bien souvent, cette attitude paraît artificielle et manque de souplesse ». Elle est convaincue que le naturel est la meilleure solution. 

Symptômes de stress : la lutte s’impose 

À titre de spécialiste, Christian Püttjer déconseille lui aussi les comportements appris par cœur et mise sur la connaissance de soi : « L’idéal est de simuler un entretien d’embauche avec un ami et d’enregistrer la scène sur vidéo », conseille-t-il. « Vous découvrirez très vite les gestes acquis signalant votre situation de stress. » Il s’agit alors d’identifier et d’éviter les comportements tels que grincement de dents ou gesticulations frénétiques. En effet, d’après Püttjer, « ces gestes ne font que renforcer la pression déjà existante. » Les épaules relevées provoquent par exemple une congestion de la carotide. La pression de la main crispée sur un stylo déclenche un signal d’alarme dans le cerveau. « C’est ainsi que les natures sensibles s’auto-éliminent », conclut Püttjer sur la base de son expérience.